Sunday, 8 July 2018

Pierra Menta ÉTÉ 2018

Wow ! Quel parcours cette Pierra Menta d’Été !

Après le Monte Rosa il y a deux semaines, il semble que c'est bien parti pour enchaîner des jolies courses cet été !


La verticalité de la chose était évidente sur le papier, et cela a vraiment été confirmé au race briefing la veille de chaque étape. 30km, ca va vraiment nous prendre 4 heures ?



Et oui, c'est possible. Avec des pentes comme ça ! :


Et qui continuent comme ça : 


La Pierra Menta se court en équipes de deux. Ce qui rend le concept encore plus convivial. C'est toujours sympa d'avoir quelqu'un avec qui on peut partager la vue depuis le haut d'une grosse crête bien pointue ! Pour ma part, ces belles vues sur les trois jours de up & down ont été partagées avec Martin Gaffuri.


Je me remets tout juste à la course à pied, après quelques mois galères de blessures (opération pour une pubalgie en février), donc l'idée était de vraiment profiter de ce "petit séjour" en montagne, et de faire un bon gros bloc "d'entrainement en pente". Marcher sur des pentes aussi raides, j'en ai rarement l'occasion. Martin, qui vise aussi les sky races de cet été, était en bonne forme, et en serrant les dents sur la fin, on termine 4ème au classement général. C'est vraiment pas mal, car le niveau est assez élevé.


Après les crêtes et les cordes, c'était souvent plus roulant. Mais tout est relatif, n'est-ce pas ?!



Check out the view. Awesome !!


J'ai vraiment bien aimé cette course, l'organisation et le parcours. Et passer trois jours à Arèches-Beaufort avec 300 personnes qui apprécient aussi la vraie bonne montagne, c'est quand même sympa :-) J'ai déjà envie de revenir la refaire celle là !



Voici les top 5 de chaque catégorie :


Photos : F Oddoux / Test4outside


Tuesday, 26 June 2018

Monte Rosa Sky Marathon

The high point of the race, 4554m:
Margherita hut, Punta Gnifetti



It was a struggle to hobble much more than a few miles on the flat when I confirmed to Tom that we would be “all good” for the Monte Rosa Sky Marathon. That was ten days before the event, I was half injured, rather unfit and with next to no running, let alone climbing in the quads. But this race was just too good an opportunity to miss!! I’d have to have broken a leg not to make the start line of this! That said, one runner in the field still shows a fracture line in his fibia and he was on the start line too. But that’s a different story, and he's an entirely different animal ;-)

Welcome to the fancy dress party
I mean the start-line

So just before 6am on Saturday morning, Tom and I made our way to the church square of Alagna Valsesi to join the colourful crowd of people, all excited and ready to run up, up, up, and into the sky! In case we didn’t know it already, upon reaching the start zone it was immediately obvious that this was something a bit out of the ordinary, a touch different from your average trail race! People were walking about the village with skis on their shoulders, the runners were dressed in a mix of skimo gear and ninja suits. There was a silent but blatantly obvious competition for the most extravagant or fluorescent lycra pants! We almost felt a little out of place with “just” our normal running gear, topped up with the obligatory bits of climbing kit and “the dreaded” poles!

Run while you can!
Soon you'll be on your knees!!

So the race was launched and up the hill we ran! For quite a long time! Well I say ran, - to tell you the truth it was more of a walk, a scramble, a slosh and a slide!

Views from the slopes of Monte Rosa

Quickly out of the forest and above the tree line, the views became increasingly awesome! My legs were weak and my lungs were small (no training, no surprises!) so after twenty minutes we (I) had to let the leading pair of runners go ahead alone. It was always going to be a long shot to pull out the sort of competitive performance like Tom and I would have liked. But it didn’t matter, not a bit. We were here for the pure enjoyment, to soak up the thrill of participating in something rare - a race straight up and down one of Europe’s highest peaks. And it was just stunning. And all that stunningness well overshadowed any leg pain or frustration of not being in great physical shape. What also eased the problems associated with a distinct lack of training was the short piece of elastic cord clipped onto the front of my harness and to the rear of Tom’s - yep, he pulled me half the way up the hill!

One of the race's more runnable sections

One of the race's less runnable sections

As viewed from the chopper

The race tops out at the Margherita hut, perched on the Italian-Swiss border on the summit of Punta Gnifetti, a sub-peak of Monte Rosa. It’s the highest refuge in Europe, not that we had much time to check it out! A quick cup of warm tea and a rhubarb and custard gel and it was time to run back down! - well that was going to make a change from the walking and crawling we’d been doing so far at least!

The last climb, where the air is thin,
and the running style somewhat lacking!

Poles safely stashed away and downwards we hurled ourselves! Oh how joyous to run with hands free from the grips of the sticks!! And we’d need free hands too, to clip in and out of the various bits of safety rope and to slow ourselves down on the sections where it was safe and efficient to ssssssliiiiide.

A quick peak at the view,
before crashing back down the slopes!

It had been a long way up, and now it was a long way down too, but it passed by relatively quickly. And before too long we found ourselves back in the beautiful village of Valagne Valsesia, on the patio of a bar enjoying the obligatory pizza and beer recovery menu =) Italy not only has great mountains!

D+1m for the Calzone

So no regrets to kicking start my 2018 sky running season with this one. There’s no doubt it’s one of the best races I’ve ever taken part in. Hard to think which races compare really (els2900 would be one of them). It was obviously a bit of a shame to hold Tom back with my poor form, but you never know, maybe we’ll get a chance to come back here one day, and with the additional experience running in snow, we could try really smashing it up there!

Back in town, on the finish line with Tom

Thanks to Marino Giacometti, Lauri and all the organisers of this event. Thanks for bringing it back on the scene so many years after the original event, and for proposing what can only be described as a PROPER MOUNTAIN RACE!!!

Otro, a beautiful little village higher up the valley,
that we jogged through the following day

Results (Top 5 men / mixed) 
Franco Collé (ITA) William Boffelli (ITA) – 4h39’59” 
Alberto Comazzi (ITA) Cristian Minoggio (ITA) – 5h03’26” 
Kilian Jornet (ESP) Emelie Forsberg (SWE) – 5h03’56” 
Tom Owens (GBR) Andy Symonds (GBR) – 05h18’57” 
Vitaly Shkel (RUS) Shyngys Beikashev (KAZ) – 5h26’45” 

Website post event articile: HERE
Photos: Ian Corless

Monday, 30 April 2018

Old Stones

Reprise en compétition sur le Trail des Vieilles Pierres, à Oppède.

Une sortie matinale idéale pour fêter mon n+1,
et surtout avec les quelques jolies surprises retrouvées sur le parcours.
- Comme cette belle banderole (thanx Mike ;-)

- Et le "passage insolite" dans la carrière souterraine.
Rafraîchissant et mystérieux avec sa lumière et musique d'ambiance !!

C'est une course bien sauvage et plutôt costaude.

Avec ses 1400m de D+, tes cuisses aussi se transforment en pierre pour la dernière descente sur Oppède.

Après quelques mois de coupure, j'étais plus que content de gagner un bon morceau de rock. Mon fils en profite pour s'incruster sur le podium, et a l'air un peu trop heureux avec une bouteille de rosé dans les mains ?!

La saison 2018 démarre :-)

Next up, sky running...


Thursday, 11 January 2018

BALADES SANS BALLES


Ci-dessous je partage un interview que j'ai fait la semaine dernière pour u-trail.
La chasse a un fort impact sur le plaisir de courir en Vaucluse en hiver. Avec l'association Trail Vaucluse, j'essaie de porter la voix de ceux qui souhaiteraient se balader en nature sans compromis de sécurité.
Le plaisir d'aller dehors devrait être une possibilité pour tous.


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Bonjour Andy !

Tout d’abord bonne année 2018 Andy et merci de nous accorder cette interview. Avant de parler du sujet qui nous préoccupe, à savoir la cohabitation entre chasseurs et traileurs, alors que trop de non chasseurs paient le prix fort, nous voudrions revenir sur toi et ton parcours récent.

D’abord, côté santé, comment tu gères ta cuisse droite, est-ce tu te dis « get along with it » (fait avec) ? Beaucoup qui nous lisent courent avec une vieille blessure, une gêne, que leur dis-tu pour les soutenir moralement ?

Oui, c’est exactement ça, je fais avec. J’essaie de l’oublier, même si finalement c’est impossible d’ignorer sa présence. À chaque appui ma cuisse droite répond bizarrement. Il me manque un peu de puissance et de la stabilité sur cette jambe. Mais il n’y a aucun doute que je préfère courir avec une jambe bizarre que de ne plus du tout mettre mes baskets de running. Je souffrirais bien plus à ne plus courir, c’est sûr ! Parlant de blessures, aujourd’hui je suis beaucoup plus embêté par deux problèmes plus communs pour les coureurs à pied – une pubalgie et une aponévrose. Oui, c’est terrible à vivre les blessures pour un coureur, très frustrant parfois. Quoi dire ? – il faut se dire qu’un jour ça finira par partir et que ça ira mieux quand même. Se frustrer et déprimer ça ne va pas aider c’est certain ! Il faut trouver d’autres choses à faire pour s’occuper et pour s’aérer la tête !


Tu es un compétiteur mais tu cours avant tout pour le plaisir, est-ce que par rapport à un athlétisme affilié au système et faible face au dopage, le trail ce n’est pas finalement un sport plus authentique et un des derniers espaces de liberté qui nous reste ? c’est quoi pour toi la définition de « l’esprit trail » ?

Le trail est effectivement plus proche de la nature que beaucoup d’autres sports. Finalement il faut peu d’équipement et de gadgets – on chausse des jolies chaussures et puis on file dans la nature. On peut le faire seul ou avec du monde. On respire et on profite des environs. C’est ça l’esprit trail finalement, c’est passer du temps en nature, que ce soit sur des sentiers, aux abords des champs, en haut des montagnes, mais dans tous les cas c’est loin des routes et des lieux urbanisés, loin du monde ! Après, bien sûr que j’ai un côté compétitif, j’aime bien les courses et j’aime donner mon maximum pour essayer de bien me classer en compétition. Mais personnellement, je fais le trail plus pour le fun que pour la bagarre !


Sur l’édition 2017 de l’UTMB, la plus incroyable avec un plateau historique, tu termines 16e, en 22h36, avec un démarrage à 15km/h pendant les premiers kilomètres, et du point de vue de nous autres traileurs moyens, c’est déjà incroyable, vous, les élites, malgré les blessures, malgré la douleur, vous êtes des extra-terrestres, alors c’est quoi pour toi LE secret pour se dépasser soi-même ?

Ah, si seulement il y avait juste UN secret ! Pour moi boucler une course aussi longue et aussi dure que l’utmb c’est un cumul de plusieurs choses : D’abords il faut avoir réellement envie de la faire, envie d’en profiter et surtout il faut vraiment vouloir la finir ! Si on n’y croit pas complètement, il y a peu de chance qu’on arrive au bout à mon avis ! Ça s’est vu chez l’elite cette année – ils voulaient tous finir ! Après il faut bien sûr être en bonne forme physique et surtout être bien reposé avant le départ. Cette année j’étais parti comme si je partais pour une longue balade, que je voulais terminer et dont je voulais profiter. La tactique m’a mieux réussie que l’an dernier, où j’étais en meilleure forme physique, mais j’étais dans un esprit plus compétitif et moins frais au départ.




Venons-en au sujet pour lequel tu es en train devenir le porte-drapeau, tu es anglais et tu vis en France, en Angleterre, pourtant pays de tradition, la chasse est interdite le dimanche depuis 1831, ça n’est pas le fait de la commission européenne pour une fois, et quelque chose te révolte, nous sommes bien d’accord, c’est la sécurité des gens sur les sentiers en forêt, peux-tu nous expliquer ce que tu ressens lorsque tu cours en forêt alors qu’il y a des chasseurs dans le coin ?

Je ne me suis jamais préoccupé de la réglementation concernant la chasse en Angleterre ou en Ecosse, ni dans aucun autre pays où j’ai vécu ou voyagé dans ma vie, jusqu’à ce que j’arrive en France. Jamais en Angleterre je n’ai croisé des personnes armées lors de mes footings. La chasse existe certes, mais c’est plus encadré et moins omniprésent. En uk c’est connu comme un sport de riches qui passent une semaine à tirer sur des faisans dans des gros domaines en écosse, et ça se passe dans des zones très isolées et définies, donc peu de chance que du monde y passe en balade. Honnêtement ça m’a beaucoup choqué quand je suis arrivé ici et j’ai réalisé que l’on peut se balader où on veut, le fusil sur l’épaule. Et ici où j’habite, dans un petit village qui s’appelle Lagnes, en Vaucluse, en hiver dès qu’on sort de la maison on croise beaucoup de chasseurs. Quel que soit le jour de la semaine, on les croise le long des canaux, dans les forêts et partout sur le grand réseau de petits sentiers et des gros chemins qui traversent les collines vauclusiennes. La santé et la sécurité sont de plus en plus des sujets de société primordiaux aujourd’hui. Je travaille dans les énergies renouvelables et c’est un secteur où on se préoccupe beaucoup de la sécurité, même parfois un peu trop à mon avis. J’ai été dans des bureaux où on est obligé de tenir la rambarde de l’escalier, par exemple (et les weekends je fais du sky running !). Certes ça va un peu loin, mais c’est pour montrer à quel point on réfléchit de plus en plus à cette problématique de manière générale. Et à côté de ça, on partage les espaces naturels avec des personnes armées avec des fusils capables de tuer à plusieurs kilomètres. C’est quand même fou. Fréquemment on tire à côté de moi quand je cours. Et c’est souvent un chasseur stationné à 20-30m de moi, qui ne m’avait pas vu avant de tirer. Ils tirent souvent depuis les sentiers GR et à travers les chemins car ils attendent des sangliers qu’ils dirigent vers les pistes avec leurs chiens et les 4×4. J’ai été tenu en joue par un chasseur, ma mère aussi, au-dessus du village à 1km de ma maison. Tout ça je ne le trouve pas normal, pas sécurisant du tout et contre nature. Aller courir, faire du vtt ou se balader en famille en nature ne devrait pas être dangereux, à mon avis.




Tu fais plusieurs propositions, la première c’est de demander au préfet un jour sans chasse, la deuxième c’est de construire une plateforme de communication entre traileurs et chasseurs, l’une est contraignante, l’autre est co-constructive, comment penses-tu attirer les chasseurs sur cette plateforme, heureusement qu’il y a des chasseurs qui sont traileurs et vice-versa ?

Je ne dirais pas qu’une journée sans chasse soit contraignante. C’est tout le contraire. 7 jours de chasse par semaine en Vaucluse représentent une contrainte importante pour toute personne non chasseur. Car aujourd’hui il n’y a aucun jour où les autres usagers puissent profiter pleinement de la nature. Et l’idée de la plateforme de partage d’informations sort simplement du constat qu’aujourd’hui les dispositifs qui sont censés être mis en place ne fonctionnent pas. En tout cas, pas où j’habite, et j’entends que on n’est pas les seuls à être concernés par le problématique ici en Vaucluse. La réalité aujourd’hui est qu’avant d’aller « en nature » il n’y aucune façon facile ni sûre de savoir si on va croiser des chasseurs ou pas, c’est impossible de se renseigner où et quand ont lieu les chasses. Les panneaux indiquant « chasse en cours » sur les sentiers ne marchent pas. La moitié y reste toute l’année et avec les panneaux temporaires ils n’arrivent jamais à couvrir tous les accès possibles de toute la zone en danger – c’est un trop gros travail. Donc ma proposition serait une plateforme où ces informations puissent être visibles par tout le public, sur internet, comme on fait d’ailleurs en été pour cartographier les zones interdites d’accès par risque d’incendie. La date, l’heure et le lieu de toute chasse prévue. Ce serait bénéfique pour tout le monde. Les coureurs et les randonneurs pourraient choisir et adapter leurs parcours en fonction de ces informations, et les chasseurs retrouveraient moins de monde au milieu de leurs battues. Il y aurait moins de risques, moins d’accidents, moins de tension et l’espace serait beaucoup mieux partagé.


Si tu ne trouves aucun écho positif de la part de la fédération de chasse du Vaucluse sur l’idée d’une plateforme par exemple, penses-tu durcir le mouvement et rejoindre les positions des anti-chasses les plus radicaux (interdire la chasse tout court, actions militantes etc…) ?

Je ne suis pas en mode « confrontation ». Premièrement parce que c’est souvent contre-productif, et deuxièmement parce que ceux en face sont armés ! Je sais très bien aussi que c’est une question également très « politique » et pour avoir une chance d’aboutir à un compromis il ne vaut mieux pas attaquer le débat tête baissée avec des idées fermées ! La réglementation encadrant la chasse évoluera en France c’est sûr, ça fait partie de l’évolution (la population de chasseurs a baissé mécaniquement de 2,5 millions en 1975 à moins de 1 million aujourd’hui, NDLR) et du développement d’un pays qui essaie de faire au mieux pour la majorité de sa population. La pratique de cette activité telle qu’elle se déroule aujourd’hui n’est plus de notre temps. Et on ne l’a pas adaptée pour la mauvaise raison que cela fait partie de notre « culture ». L’esclavage ça faisait aussi partie de notre culture à une époque – on a fini par évoluer et l’éradiquer. Si je peux en parler publiquement, proposer des solutions et éventuellement assister pour avancer les choses un peu plus vite, tant mieux. Je n’ai qu’une envie personnellement – que mes enfants puissent avoir envie d’aller sur les sentiers sans avoir peur, ce qui n’est pas le cas actuellement.


Merci Andy pour tes réponses, on te souhaite à toi, à ton frère, à ta famille une excellente année 2018 dans la belle nature Vauclusienne et on croise les doigts pour que tout le monde arrive à s’entendre et que ton projet de plateforme trouve un écho favorable.

Andy a écrit au préfet lire ICI, et vous invite à participer au sondage sur la chasse ICI.