Monday, 8 October 2012

Mind the Gapen'Cimes

(Une "blague" seulement compréhensible si tu as déjà pris le métro à Londres, donc pas du tout une bonne..!)

C'est dimanche matin, il fait encore nuit, et c'est parti pour le trail de Gap'en Cîmes. Et pour commencer - une boucle aléatoire en centre ville ! Il est 7h du matin, les magasins sont fermés et les rues sont vides. Assez rapidement, ça commence à grimper. Mais, globalement le parcours reste très roulant pendant la première heure de course. Sauf quelques passages dans le bois, rendus plus difficiles par le manque de vision... Personne ne voyait rien en fait. Seul Manu (Gault) avait pris le soin d'emmener la plus petite frontale qui existe pour ce début de parcours.


On approche 8h. Le jour se lève, et le parcours devient plus intéressant. Nous basculons à droite et nous commençons à monter sur la crête - le mur de roche derrière Gap. Ca monte et ça descend. C'est rarement plat et il y aura quelques passages bien rocheux et bien sympas. Au bout de cette section je rattrape le premier coureur et à ce moment là les balisages nous envoient sur la gauche. C'est parti pour une décente assez raide à travers des champs de vaches. Une descente à l'anglaise, je me disais, - de l'herbe assez longue qui masquait un mélange de terre et pierres en dessous. Doux ou dur, tu ne sais pas à quoi peut s’attendre ton pied. “Casse-gueule” est peut-être une terme plus approprié ! Avec un temps plutôt gris, frais et presque humide, je me sens de plus en plus comme si je faisais une “fell race” en UK. On a même droit à se tremper les pieds dans les bouses de vache.. C'est trop bien !

 

Mes jambes se plaignaient un peu au début, mais là je me sens de plus en plus à l'aise. J'ai maintenant complètement oublié les concurrents derrière, et je me mets dans mon petit monde de "allons nous amuser sur ce parcours et prenons un max de plaisir." Et là, au bout de 21km, j'aperçois ma femme Carole sur la route, avec nos deux petits. Mon fils me passe un gel, je suis étonné qu'il n'ait pas voulu le manger lui-même, ça rassemble à une compote il faut dire. Mais il sait qu'il faut courir pour en avoir droit. C'est pour ça qu'il fait souvent quinze mille tours de notre terrasse d'ailleurs. "J'ai couru Papa, je peux en avoir un maintenant ?"... (Mais ne vous inquiétez pas, je ne nourris pas mes enfants avec des gels. Ben, pas que des gels en tout cas !)... Les trois m'encouragent et je repars sur la section suivante davantage motivé pour les kilomètres à venir.

C'est à nouveau roulant. Je ne suis pas en grande forme. Mes cuisses ne me donnent aucune signe de fraîcheur. Les muscles ayant beaucoup de mal à récupérer dernièrement, mes cuisses en particulier ont des petits maux un peu partout. Je sais que ne suis pas au top - je peux le mesurer avec mon simple "indicateur gels", - plus tôt j'en ai envie, plus j'en avale, et moins je suis dans une forme explosive. Là, j’en mange cinq, plus deux pâtes de fruits. C'est beaucoup sur quatre heures de demie. Par contre, en dépit de état physique loin d’être parfait, je suis à l'aise. Dans une "zone" presque, pour utiliser une expression à l'américaine ! Le parcours me plait, ma famille est venue m’encourager, et j'ai envie de remporter ce trail et plus que ça, le Challenge de Trails de Provence. Donc je continue, à moitié en mode tranquille, à moitié avec les jambes en compote.. Et plus que ça avance, plus ça semble devenir facile. En fait, c'est une expérience assez bizarre !

 

On finit avec une bonne “bosse”. Presque un kilomètre vertical, en très peu de distance horizontale. Je marche. Il n'y pas d'intérêt à trop forcer les choses. Au sommet, je vois que je dois avoir une bonne dizaine de minutes sur les poursuivants, je bascule et je descends prudemment donc, pas la peine de tout déchirer dans cette dernière descente, même si cela faisait assez envie...

L’arrivée est très sympa, avec beaucoup de monde présent. Je franchis la ligne en 4h35, bien en dessous du record apparemment, et je suis très heureux de remporter cette étape de finale et le Challenge Provençal. Cette série de courses regroupe les meilleures courses de la région, et pour moi particulièrement, en tant que nouvel arrivant, quelle belle façon de découvrir ce que le trail à la Provençale peut offrir à ses “traileux et traileuses”. J'affirme que c'est pas mal ! Rien à voir avec les Fell Races de mes origines, non c'est autre chose, mais ça me plait bien. Il y a une forte possibilité de me retrouver sur quelques uns de ces parcours en 2013, c'est sûr, même si j'ai pas encore réfléchis à l’après 2012.

 

Là honnêtement je commence à me sentir en fin de saison. Mes jambes seront contentes d’avoir une petite pose de compétition. Une période sans objectif. Et ça tombe bien, car on arrive à la fin de la saison. Cependant, il ne faut pas oublier les Templiers ! L'année dernière cette course là était devenue l'objectif de l'année, sachant que c'était seulement ma deuxième sortie après une longue période de blessure. Cette année j'ai heureusement pu faire beaucoup plus de choses. Je ne visais donc pas tout sur cette course historique cette année. J'y attache moins d'importance certes, mais en même temps je préférais l'aborder avec quelques chances de figurer vers la tête de la course. Solution: trois semaines très tranquilles. L’objectif sera une “reconstitution” d'énergie, de faire le plein des batteries, plutôt que de m'entrainer à fond. On verra bien ce que ça donnera...

 

Résultats Gapen'Cimes

Données Suunto

Merci à Robert Goin pour les photos (à part celle du métro)

Sunday, 30 September 2012

tel est ton Ventoux, avec eole-RES

Une matinée sur le Mont Ventoux, avec des collegues d'eole-RES
la vidéo, des images et les statistiques...
Tel-est-ton-Ventoux

La vidéo (elle n'est pas faite par un pro)


Quelques images





Et pour voir la carte, altitude et cardio :

Sunday, 23 September 2012

Beautiful Island in the Sea, La Belle Île en Trail

Belle Île en Mer. - La finale du Challenge Salomon Endurance.



Oui, d'habitude je suis plus quelqu'un qui s'interesse à la montagne. A priori, je cherche les parcours les plus techniques, ceux qui montent haut et ceux qui te font ensuite tomber sur des milliers de mètres. C'est ça qui me fait plaisir ! Mais là, hier, j'étais venu sur cette petite île de l'océan atlantique, pour boucler le Challenge et pour découvrir autre chose. Un tour de l'ile sur le GR. Certes, pas de montagne, mais il y avait suffisamment de "technicité", en tant que roches, racines,.. pour ralentir les choses et pour le rendre plus intéressant. Et non, pas une seule longue montée sur le profile, mais le cumulé de 2000m, sous la forme de cent fois 20m (j'ai pas compté, mais ça a dû être quelque chose de cet ordre...) faisait en sorte à ce que ce parcours n'était pas plat non plus ! On pourrait très bien être sur une des iles des Outer Hebredis (au nord ouest de l'écosse), je me disais lorsqu'on naviguait les falaises. En dessous des plages cachées, entourées de rochers raides et aigus, mais avec une moquette de sable parfaite. Comme sur Lewis ou Orkney. Ce sont parmi les plages les plus jolies du monde. Et vide. Jamais visitées, car apparemment, comme sur les iles au nord de l'écosse, il ne fait pas souvent très beau.... Et ce fait là, je peux le confirmer. On est arrivé vendredi soir en pleine tempête de pluie !



Samedi matin par contre, après trois quarts d'heure à la frontale, un cercle rouge s'est levé au fond de la plage. Nous allions être reçus par des conditions parfaites pour cette course de boucle touristique. Et comme d'hab, c'est parti un peu trop vite. Une allure s'est installée et un groupe de six en tête s'est formé, sauf que cette allure là n'allait pas tenir jusqu'au bout. C'était sympa quand même d'avaler ces sentiers, les virages constants et la succession infinie de petites bosses, à une vitesse raisonnable. C'est toujours plus amusant de se déplacer en vitesse. C'est dans la nature humaine de chercher ce plaisir là ! Sauf qu'au bout d'un certain nombre de kms le corps et surtout les jambes, risque de dire stop ! Et là il faut ignorer ! Je me suis retrouvé en tête avec le bolide "local", Christophe Malardé, jusqu'à peu près le 35ème km. Il s'est arrêté plus longtemps au ravitaillo, et plus tard il a été forcé à l'abandon au cause d'une douleur au genou. Dommage car il allait super bien. Du coup, 50km tout seul sur la plage. Il y avait des moments où je me disais qu'un peu de musique ne ferait pas de mal ! Sept heures de course, et la plupart tout seul, c'est long quand même. Heureusement le cote était sympa à voir et les kilomètres ont défilés relativement vite au final.


Super content de remporter cette course et surtout de boucler le Challenge Salomon-Endurance. C'était un des objectifs que je m'étais fixé en début d'année. Une bonne façon de m'intégrer en France et de découvrir son monde de trails à la française. En 2012, je l'ai découvert, et c'est pas mal !


Pour la suite de la saison. Deux courses en Octobre, la première pour boucler une autre série, celle des Trails de Provence, et finalement une course vers Millau, une qui est assez connue (!) et qui cette année me permettra de terminer (en espérant que je termine bien la course !) la série de Sky UltraMarathons. (Oui, les Templiers est une Sky Race..) Puis après, c'est l'hiver je crois. Mais il y a encore des trails en hiver n'est pas...

Crédits photos YaNoo.Net


Resultats - Hommes
1 Andy Symonds, team Salomon, 6:39:28.
2 Jérôme Lucas, team Opel Côtes d’Armor, 7:17:50.
3 Thibaut Baronian, team espoir Salomon, 7:22:26.

Les top 5 classement final National Trail Running Cup
1 Andy Symonds, team Salomon, 5250 pts.
2 Guillaume Beauxis, team espoir Salomon, 4640 pts.
3 Maxime Durand, team Inov 8, 4500 pts.
4 Thibaut Baronian, team espoir Salomon, 4330 pts.
5 Sébastien Buffard, team Brooks, 3600 pts.

Interview - après-course

Sunday, 2 September 2012

Beaumes-de-Venise, c'est un bon vin, mais aussi...

Q : Pourquoi courir trois heures dans les Dentelles de Montmirail, les collines rocheuses derrière Beaumes-de-Venise, sous un grand soleil ?
 
R : Pour une bonne bouteille de vin.
 
Voilà, il faut des objectifs et des raisons pour ses choix dans la vie.
 
(sinon tu peux courir de nuit sous la pluie, si tu veux)

 

Les Trails de Provence font parti de mon planning 2012. C'est ma façon de m'intégrer dans la region, et de découvrir le sport de trail à la Provençale. Aujourd'hui c'était un des parcours les plus intéressants de la série. Un circuit assez rapide, mais avec 1900m de dénivelé au compteur il n'allait pas être si plat que ça. Plein de petites bosses de 200 à 300m et des super sections sur les crêtes rocheuses. Les petites sections d'escalade n'avait rien à voir avec la Kima Sky Race la semaine dernière, mais elles rendaient ce parcours varié et intéressant du début jusqu'au bout. Il y avait même une corde installée sur une petite section de montée !.. Sympa de retrouver l'esprit "montagne" sur un parcours situé dans un massif qui ne monte pas au-delà de 700m. Surtout agréable de retrouver ça à trois quarts d'heure de la maison. Et vu la météo qui est tombée sur l'utmb cette année, je ne suis pas mécontent d'être resté dans le coin ce week-end...

La dernière étape du Challenge sera à Gap, en octobre. Entre temps je vais aller faire le tour d'une île dans le nord ouest de la France. Mais avant de penser à tout ça j'ai un premier objectif, il s'agit de cette bouteille de Muscat...

Tous les résultats ici : www.combesetcretes.com

 

 

Sunday, 26 August 2012

Kima, a soft undulating trail run... not...

 

You're a runner reading this? If so, then add the Kima Sky Race to your list of TO DO VERY SOON races. That is, on the small caveat that legging it up a 2000m climb, then jumping from rock to rock for four or five hours is your kettle of fish. Don't worry, you do get a break from this relentless rock-hopping. Yes, every half-hour or so, as you pass over one of this classic walking route's seven steep-sided cols, you can test out your scrambling skills and heave yourself up the pass's near vertical walls. You will be greeted at the top by a more appropriately dressed man than you. He will be wearing an awful lot of clothing, his hands will be hidden in gigantic cloves, he will be wearing a harness from which a rope dangles and secures his body to the rock face behind. As you approach the man on the perilous outcrop of rock, he will point with one out-stretched hand downwards and to the right, he will cry out "FORZA !!" and leave you to stare down into the gaping void and wonder, "how the heck am I gunna get down there then, ya what??" Quickly you see the chain, grab it, and jump, slide, scrape, fumble, tumble.. (or perhaps do it in a more elegant manner?)... Safely at the bottom you're back to rock-hopping for a while, in await if the next interesting vertical obstacle.


 

This is what I call fun! It is real and pure Sky Running. The sport's origins lie in these valleys and there's a impressive number of similarly designed races within a very small radius of Val Masino, the base for the Trofeo Kima. I've done a few of them now and I always have a great day out on the hill. You can only smile and enjoy these courses. The running terrain is incredible and the scenery mainly composed of impressively pointy rocks. These races take you close to and sometimes over this jagged skyline.

 

Race day then. After a brief meteorological scare, evidence of which was the river of rocky pools in front of the hotel, which I'd bathed in the day before and which had overnight turned into a raging torrent of choppy, white rapids. The start was pushed back half an hour, the organisation checked the score, announced that all was good to go, and the runners were let loose. Due to a painful hip, I've been limited to jog-plodding through the months of June and July. There's been no quality fast running in the mix. And as a result my early-year form has long since departed. The reality of my powerless quads was brought home two weeks ago when I struggled my way around the 42km Salomon Ubaye trail race. So I really wasn't expecting much of a result at the Kima and set off in a completely non-competitive mindset. I just wanted to enjoy this one and if the legs could hold up then that would be enough of a success. I ran just behind the top ten up to the top of the first pass. It was a tough climb and I would have been powerless to go with the front of the race even if I'd wanted to. Down the first set of chains and onto the boulder fields then. Let the fun begin!. Over the course of the next three to four hours, as I counted off the seven passes one by one, some sort of strength and energy returned. (That would not happen in a 50km road race!). I pulled through to seventh place and then ran with young German trail star, Philipp Reiter, for the next few hours. Towards the end of the high section I let loose a little, left Philipp, ran past fellow Salomon France man, Michel Lanne, and into fourth. I actually felt like I was racing again. I made a vague attempt to pull back third place over the final hour, but it was an Italian ahead, they can generally descend well, and my attempts were to no avail. All in all though, a totally positive outing, all things considered.


 
Next up then. More drastic changes of scenery are on the cards. In three weeks time I'll be up in the north west of France, running around the coastline of what's supposed to be a very pretty island, as per the name, Belle Île. Hip healed (I think), I'll be trying to squeeze in some quality between now and then.
 
 
Ciao to Italy until next year then. I'll be back. I do love your cappuccinos and your mountain races!..

(photos Copyright Jordi Saragossa)

 

Wednesday, 22 August 2012

Ubaye leg fry

L'Ubaye Été, une superbe course, beau parcours dans un cadre excellent. Avec passage par un bon sommet rocheux et pointu, et avec une très belle vue ! Normalement c'est exaçtement ce que je cherche, mais malheureusement le jour même de cette épreuve, mes jambes n'avaient aucune puissance et je n'étais donc pas capable de suivre la tête de la course dès le debut de la première montée.


J'ai donc courru les 42kms dans un état que heureusement je n'avais pas encore connu cette année. Vide d'énergie. C'était de la marche forcée dans les montées et une foulée aussi détendue que possible sur les sections plates. Meme dans la descente c'était une pure bagarre avec les pates qui n'avaient aucune fraicheur pour trouver les bons appuis et de "laisser aller" comme j'aime faire. C'est dommage de le dire, mais cette très jolie course était douloureuse du début à la fin !

Mais, quelque soit ton état, je me disais, tu ne sais jamais, les jambes pourront se réveiller, ou les coureurs devant (5 pendant la plupart de la course) peuvent aussi souffrir, et tu ne sais pas, peut-être revenir... Finalement mes jambes n'ont jamais retrouvé leur volonté pour la course, mais quelques concurrants sont revenus dans la dernière descente. Comme souvent c'est le cas, les 42kms n'ont été faciles pour personne, et dans la dernière demie-heure j'ai pu doubler quatre des cinq qui étaient devant et donc récupérer la seconde place. Ce qui montre qu'il ne faut jamais lâcher ! Mais c'etait bien dur quand même !!

Pourquoi ? Pourquoi un tel état d'impuissance le 12 aout 2012 ? Pas sûr, peut-être juste une mauvaise journée.. Mais honnêtement je pense que c'est plus que ça. Une petite blessure à la hanche m'a empêché de m'entraîner normalement pendant les mois de juin et juillet. Je crois que deux mois de footing tranquille, sans réelle qualité ont ralenti mes muscles. Le volcano trail en Guadeloupe était possible simplement parce que c'était si lent, une marche rapide avec quelques sections en courrant. Mais une fois que j'ai dû bouger les jambes à un rythme plus élevé, elles n'ont pas pu suivre les instructions. Aujourd'hui cette hanche a finalement l'air de fonctionner normalement - en partie grâce aux efforts de l'ostéopathe à l'Ubaye - merci, je ne connais même pas ton nom ! - j'espère donc pouvoir recommencer la vitesse dans les entrainements et revenir bientôt à ma forme du début de l'année. Pour la kima ce weekend... je suppose qu'on verra...

Et voilà pour la video de la course :